Appel à communications

Appel à communications CIGAL 2019
12 au 16 Juin 2019 Rabastens (Tarn) – France

 

Contexte politique et scientifique

La première Conférence Internationale des Géographes et Géographies Anarchistes[1] organisée en 2017 à Reggio Emilia en Italie s’inscrivait dans le contexte d’un regain d’intérêt pour des personnalités historiques comme Emma Goldman (1869-1940), Pyotr Kropotkin (1842-1921), Louise Michel (1830-1905) et Elisée Reclus (1830-1905). Les idées et pratiques anarchistes influencent en effet les luttes actuelles pour la libération sociale dans le monde. Après les numéros spéciaux sur l’anarchisme et la géographie qui ont été publiés par des revues internationales, telles qu’Antipode et ACME, des ouvrages fondamentaux ont été publiés sur le sujet au niveau international. On pense par exemple aux ouvrages de Catherine Eschle, James Scott, David Graeber ou Simon Springer[2]. Dans le monde académique les Réseaux d’études anarchistes se multiplient – ASN, NAASN, RGL[3] – et les appels à contribution ou colloques récents en témoignent :

Ce mouvement est en relation avec la recrudescence des expériences s’appuyant sur des pratiques autogestionnaires localisées (AMAP, SEL[4], etc…), et la multiplication des luttes qui reposent sur l’occupation et l’appropriation de l’espace (mouvement des places, Squat, ZAD …).

Contexte territorial

Lors de l’ICAGG 2017 l’objectif était de créer un lieu où les chercheur.e.s et les militant.e.s intéressé.e.s par les points de vue et les pratiques anarchistes, puissent, dans un contexte international, échanger et créer des connexions significatives. L’édition de 2019 constitue la 2ème CIGAL (Conférence Internationale de Géographes Anarchistes et Libertaires). Elle est organisée à Rabastens, village tarnais du sud-ouest de la France. Ce village est implanté dans une région marquée par ses luttes ouvrières et plus récemment par la ZAD de Sivens. Il abrite un tissu associatif dense sensible aux philosophies et aux pratiques émancipatrices et libertaires qui permettent d’interroger et de nourrir les réflexions et les actions locales. C’est pourquoi ce lieu est propice aux discussions entre chercheur.e.s et militant.e.s de tous horizons. Ce colloque propose, à partir  d’expériences et de recherches du monde entier, de questionner les dynamiques de luttes et de réappropriation de l’espace.

Problématiques/thématiques

Dans le cadre de la préparation de cette deuxième édition, une thématique générale a émergé à l’interface des discussions entre universitaires et habitant.e.s de la région :

Se réapproprier les territoires, lutter contre les dominations.

On s’interrogera sur la manière dont les act.eur.trices, les moyens, les objets et enjeux, les contextes, mais aussi les apports théoriques jouent sur les dynamiques de réappropriation des territoires.

*Protagonistes

Qui souhaite et peut participer, agir dans le sens d’une appropriation du territoire ? Quelles formes d’organisation et d’interaction les habitant.e.s, associations locales, organisations politiques, réseaux de militant.e.s, expert.e.s, etc. mobilisent-ils ?

*Moyens

De l’occupation de l’espace au développement de monnaies locales, en passant par la mise en récit des territoires par des habitant.e.s, quelles modalités d’action, d’appropriation, observe-t-on ou souhaite-t-on mettre en œuvre (désobéissance, action directe, pratiques anti-autoritaires, changement individuel de rapport au temps, au langage, entraide, échange, partage) ?

*Objets et enjeux

Quels sont les objets et enjeux stratégiques pour une réappropriation du territoire : prise de décisions, agriculture, économie, modes de consommation, rapport au vivant, déchets, consommation/production d’énergie, éducation, migrations, mobilités, communs, cartographie, aménagement,…

*Contextes

Certain.e.s souhaiteront replacer tout particulièrement leurs objets ou les enjeux étudiés dans les contextes ou problématiques particulières des guerres, du colonialisme, de la géopolitique, des rapports de pouvoir locaux, des rapports sociaux de genres ou de l’intersectionnalité des rapports de pouvoir.

*Approches théoriques et posture scientifique

Il s’agit aussi tout simplement d’échanger autour de ce que sont les études anarchistes et libertaires, des postures associées. De manière transversale on se demande quelles expériences, réflexions et apports théoriques les géographies et plus largement les études anarchistes peuvent partager.

Modalités de mise en œuvre

Suivant une logique libertaire il s’agit de façon transversale d’interroger les relations sciences/sociétés dans la construction des savoirs et connaissances. Les CIGAL se veulent aussi l’occasion de pratiquer (au moins d’essayer) une autre manière de produire (écriture) et de diffuser du savoir et, ainsi de réinterroger les distinctions épistémologiques qui font clivage social, entre savoir « savant » et savoir « populaire » ou « local ». Aussi souhaitons-nous faire le maximum pour que les discussions, les contributions impliquent des mouvements locaux et des situations militantes au-delà du monde académique et un large éventail de travaux empiriques, théoriques, historiques et interdisciplinaire.

*Formats de propositions

Sur la forme, le colloque articulera des échanges en plénière et des échanges sous forme d’ateliers. Les auteur.e.s peuvent proposer l’un et/ou l’autre.

Le format « plénière » sera interactif et prendra la forme d’un exposé de 15/20 minutes avec support (pour accompagner la compréhension dans plusieurs langues) et d’échanges avec la salle.

Le format « atelier » vise à faire circuler la parole et sera ouvert à un nombre restreint de participant.e.s. L’atelier peut être animé par un groupe ou un individu et prendre des formes plus diverses : ateliers lectures partagées et commentées, balades, créations artistique (visuelle, poétique, …), discussions, projection cinématographique, danse, observation etc.

L’appel est ouvert à tout le monde : habitant.e.s, associations, animat.eur.trices de collectivités, agitat.eur.trices culturel.les, artistes, chercheur.e.s géographes ou non, anarchistes ou non.

Les propositions seront formulées dans un langage accessible à tou.te.s et les présentations adopteront un format favorable à la compréhension et à l’échange.

*Toutes les propositions sont à envoyer à « cigal_2019@riseup.net » avec :

*un titre           *les noms prénoms des auteur.e.s         *environ 4 mots clés

*la forme souhaitée pour votre intervention : format plénière ou format atelier

  • si « format plénière » un résumé de 250 mots – en anglais ou espagnol ou/et en français ;
  • si « format atelier » envoyer un résumé de 250 mots associé à une fiche technique avec le nombre de personnes attendues pour l’atelier et le matériel spécifique nécessaire.
FORMAT Atelier
Résumé 250 mots
Mots clés 4 au moins
Nombre de personnes maximum  
Type de salle Propice à la projection ou autres …
Matériel nécessaire Vidéo projection, tableaux, tables etc.

Comité scientifique :

Barrera Gerónimo, Baudoin Julien, Bénos Rémi, Blot Frédérique, Cantagrel Cécile, Cecillon Martine, Courcelle Thibault, Diegx, Dietrich Judicaelle, Ferretti Federico, Fossier Gilles, Ince Anthony, Lamarche Karine, Berdjouh Majid, Maestripieri Nicolas, Malaterre Nathalie, Maraud Simon, Massé Pauline, Matuzesky Guillaume, Minder Patrick, Palome Manue, Pélenc Jérôme, Pelletier Philippe, Springer Simon, Poirrier Suzie, Tillous Marion, Tomassi Isabella, White Richard, Zanetti Thomas.

Comité d’organisation local :

Baudoin Julien, Bénos Rémi, Blot Frédérique, Cantagrel Cécile, Cecillon Martine, Courcelle Thibault, Fossier Gilles, Lamarche Karine, Berdjouh Majid, Maestripieri Nicolas, Malaterre Nathalie, Palome Manue, Pélenc Jérôme, Poirrier Suzie.

DATES CLES :

Envoi des propositions : 21 décembre 2018 – 6 janvier 2019

Réponses aux propositions par comité scientifique : 1er février

CONTACT : cigal_2019@riseup.net


[1] ICAGG, International Conference of Anarchist Geographies and Geographers.

[2] Catherine Eschle, Global Democracy, Social Movements, And Feminism, New York, Routledge (2001, 2018), 296 p.

James Scott « Zomia, ou l’art de ne pas être gouverné » Editions du Seuil 2013, 1ère édition (2009), The Art of Not Being Governed: An Anarchist History of Upland Southeast Asia. Yale Agrarian Studies. New Haven & London: Yale University Press.

David Graeber « Pour une anthropologie anarchiste » Editions Lux 2016, 1ère édition (2006), Fragments of an Anarchist Anthropology, Bibliothèque et archives Canada.

Simon Springer « Pour une géographie anarchiste » Editions Lux 2018, 1ère édition (2017), The anarchist roots of geography:toward spatial emancipation, University of Minnesota Press.

[3] Anarchist Studies Network, North American Anarchist Studies Network, Réseau des Géographes Libertaires

[4] Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, Système d’Echange Local